Réhabilitation du stade Alboury Ndiaye de Louga : Les Navétanes indésirables
En pleine réhabilitation, le stade Alboury Ndiaye de Louga devrait échapper aux organisateurs des compétitions navétanes qui vont devoir se rabattre sur l’ex-stade Wattel.
Deux mille francs Cfa pour neuf heures de travail la journée, c’est ce que gagne chaque membre du personnel subalterne sénégalais assistant les Chinois dans le travail de réhabilitation du stade Alboury Ndiaye de Louga. Sur les huit retenus pour le moment parmi vingt manœuvres ciblés pour participer à la phase de démolition de certaines parties de l’existant, deux ont déjà rendu le tablier pour cause d’insatisfaction relativement aux conditions de travail. La révélation nous a été faite en marge de la visite de chantier initiée par le président du Conseil régional accompagné de ses collaborateurs. Ils sont donc aujourd’hui six Chinois et six Sénégalais à travailler quotidiennement sur le site. Mais, «le vrai travail va commencer dans un mois», a confié le chef de chantier, faisant allusion à la phase de mise en forme de ce que sera le nouveau stade Alboury Ndiaye. «Un joyau nous sera livré dans vingt mois. Le personnel et le matériel sont en place. Le gouvernement a mis les moyens qu’il faut», a renseigné le président de région, Samba Khary Cissé, sans pour autant être en mesure d’avancer le montant du coût de la réhabilitation. Celle-ci va concerner les deux compartiments abritant les terrains de football et de basket. La pelouse sera faite en synthétique, de même que la piste d’athlétisme. Les pylônes portant les projecteurs resteront en place, mais le circuit d’alimentation changera. Aussi, un nouveau tableau magnétique va être construit. Et les grilles autour du terrain de foot ont fini d’être démolies.
Le temps que dureront les travaux, le stade Alboury Ndiaye va être fermé à toutes les compétitions. Une décision qui est loin d’arranger les dirigeants du mouvement Navétanes condamnés du coup à se rabattre sur le stade municipal Djibril Diouf, ex-Wattel. Ce qui est loin d’être une solution, si l’on se réfère aux arguments du président de région. «Wattel ne répond plus à certaines normes de sécurité. Il faut être réaliste, essayer de surseoir aux Navétanes et éviter les dérives auxquelles mène la volonté d’organiser pour organiser.»
Pour suppléer l’absence du football, Samba Khary Cissé conseille aux dirigeants du mouvement de mettre en œuvre la culture, les cours de vacances et autres initiatives pouvant être prises au niveau des quartiers. La fin des travaux de réhabilitation du stade sera aussi l’occasion pour le Conseil régional de récupérer cet outil des mains des acteurs du mouvement Navétanes, qui s’en était accaparé depuis une quinzaine d’années, alors qu’un tel stade de niveau régional n’est pas habilité à abriter des compétitions communales ou départementales. Il reste que toute démarcation de l’Odcav de Louga par rapport à l’utilisation de ce stade passera par la réhabilitation de l’ex-Wattel. Pour cela, le président de région demande à la mairie de Louga de faire tout simplement ce qu’elle a à faire.
Pape Diakhaté


























